Escem : école de management vs business school

Escem : école de management vs business school

Un accessoire vestimentaire atypique, quelques pictos rigolos, des mots insolites… Autant d’indices envoyés à ses futures recrues par une école de management qui souhaite se démarquer des business schools traditionnelles. À nous de décoder ces signes !

Ceci est une publicité pour l’école de management Escem. Dans les pages de Courrier international, elle a attiré mon attention. Pourquoi ? Je crois me souvenir que c’est le bonnet qui a tout déclenché. « Tiens, quel drôle d’accessoire, ça ne fait pas très business school ça ! »

Cette jeune fille au bonnet, on l’imagine plutôt dans une fac de lettres vous ne trouvez pas ? Parce que le bonnet est un objet souple [vs rigide], que ce couvre-chef est associé aux enfants [vs aux adultes], au décontracté (ski, piscine) [vs aux affaires], au homewear (bonnet de nuit, tricot), bref à l’intime [vs la vie publique]… Qu’il est révolutionnaire (phrygien) ou exotique (péruvien)… Bon, bon ! Et si je faisais fausse route ? Le bonnet seul veut-il vraiment dire quelque chose ? La jeune fille pourrait juste être une fille fashion folle de bonnets…

Oui mais… Il y a un autre indice : les cheveux. Détachés, bien présents, ils mangent un peu le visage. On n’est pas dans la netteté du look grande école : carré nickel, queue de cheval stricte, chevelure abondante mais bien brushée et brillante. Je dis ça… Du coup, bonnet + cheveux, ça commence à faire.

Et puis, il y a ces pictos multicolores qui doivent représenter, puisqu’ils sont placés au-dessus de la tête, les pensées, les préoccupations, bref le système de valeurs de la jeune étudiante.

. Deux mains ouvertes tendues l’une vers l’autre (et de couleur différente) : Solidarité.
. Une bicyclette, un symbole « recyclage », 3 éoliennes : Développement durable.
. Un livre ouvert : Culture.
. Un ordinateur portable : NTIC.
. Un jaillissement irrégulier d’étoiles du côté gauche du crâne : Rêves et idéaux.
. Le rayonnement parfaitement régulier d’une ampoule sur le côté droit : Idées et rationalité.
. Un globe terrestre : là, j’ai un doute. Mondialisation ? Au vu de ce qui précède, je dirais plutôt Ouverture d’esprit, vision éclairée et globale du monde et de ses fonctionnements.

Terminons par le texte. Mots clés de l’école : engagement / intégrité / curiosité / humilité. Et tout ça en bas de casse, excusez du peu. Moi, on me dit école de management, je pense ambition, argent, efficacité, confiance en soi, compétition… Le profil quoi !

Cette annonce rompt tous les codes, les clichés habituellement associés aux business schools. D’ailleurs, ceci n’est pas une business school, c’est une école de management. Une école pas forcément pour faire du business, mais du management éthique et durable. Quelque chose de respectueux. Parce qu’il existe un public pour ça, des jeunes qui voient grand, qui veulent diriger sans forcément faire le plus de fric possible. De futurs managers qui contribuent à poser de nouvelles guidelines dans le fonctionnement des « marchés ».

Un tel croisement de valeurs, s’il est mis en œuvre à la hauteur de ce que suggère cette annonce, est suceptible de générer des profils atypiques. « be specific / be unique », c’est justement l’ambition de l’Escem pour les étudiants qu’elle forme.

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Journaliste, sémiologue, rédactrice freelance.

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Faire le tri dans la profusion des images qui nous interpellent chaque jour et analyser celles qui nous semblent les plus signifiantes, telle est l’ambition de ce blog dédié à la sémiologie de l'image. On y parle publicité, marketing, storytelling, cinéma, séries, design, illustrations, typographie, packagings, transmédia… Une seule envie réunit les différents rédacteurs qui participent à Sémiosine le blog : comprendre un peu plus le monde dans lequel nous évoluons.
Bonne lecture !

Pour la petite histoire...



. Grazia, 11 octobre 2013 : "Attentat à la candeur", de Laureen Parslow.

. Sport&Style, supplément de L'Equipe n°21449, 6 avril 2013 : "Nom d'une griffe", de Claire Byache - article sur les noms made in France

. Le Soir, édition du 13 mars 2013 : "Le Harlem Shake, un carnaval anti-crise ?" de Julie Huon.

. Le Figaro, "Pourquoi le "Harlem Shake" est un phénomène viral", d'Emmanuelle Germain (12/03/2013).

. Sport&Style, supplément de L'Equipe n°21323 : dossier "Made in Swiss", de Claire Byache.

. Okapi n°949 : article "Les reprises, c'est tendance", d'Agathe Guilhem.

. France 3, juillet 2012, interview sur le time-lapse pour le 12/13.