Galeries Lafayette Champs-Elysées : rencontre avec Hadrien Lopez, designer graphiste

Galeries Lafayette Champs-Elysées : rencontre avec Hadrien Lopez, designer graphiste

L’ouverture des Galeries Lafayette Champs-Elysées est un événement. Le grand magasin ne cesse d’étonner, de par son aménagement intérieur qui réinvente les codes du grand magasin ; de par son récit, celui d’une fin du monde envisagée comme horizon de la société de consommation dans laquelle nous sommes peut-être les derniers à évoluer ; de par son identité visuelle singulière, à la fois vintage et art déco. Pour avoir un point de vue avisé sur cette singularité, nous avons demandé son avis à Hadrien Lopez, designer graphiste et directeur artistique dans les secteurs de l’art, l’architecture, le design et la mode. 

“Imaginée par l’agence M/M Paris, cette identité visuelle signe un projet très ambitieux de la part des Galeries Lafayette. M/M, issus des univers de la création artistique contemporaine et de la mode, parviennent ici encore à imposer leur signature singulière tout en créant une proposition en parfaite adéquation avec l’architecture art déco du lieu et l’architecture intérieure sur mesure de Bjark Ingels, à la fois vintage et futuriste. Ce typogramme et ce système ludique m’ont rapidement fait penser à certains objets art déco des années 20, notamment à un étui de cigarette du designer Pierre Legrain.

L'étui à cigarettes de Pierre Legrain

Entrer dans cet espace, c’est un peu pénétrer dans une exposition universelle, à la fois très parisienne (la tour Eiffel, un brin folklorique) et internationale (les imbrications typographiques évoquant aussi bien les moucharabiehs qu’un tangram en bois).  L’effacement des marques, qui n’utilisent pas leur logo et leur univers identitaire, participe de cette construction d’un lieu unique, singulier, qui relève autant voire plus du concept store que du grand magasin.

Le tout crée pour le visiteur une expérience forte, à mon sens, dans un espace constitué de matières assez aériennes et lumineuses, qui pourra évoluer lorsque l’effet de surprise sera un peu passé. Dans tous les cas, cette proposition des Galeries Lafayette risque de donner des sueurs froides (et espérons des envies) à leurs concurrents. »

Chez Sémiosine, nous concevons la sémiologie avant tout comme un prisme d’analyse pour décrypter les images et les récits qui nous entourent et structurent nos imaginaires socio-culturels.

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Faire le tri dans la profusion des images qui nous interpellent chaque jour et analyser celles qui nous semblent les plus signifiantes, telle est l’ambition de ce blog dédié à la sémiologie de l'image. On y parle publicité, marketing, storytelling, cinéma, séries, design, illustrations, typographie, packagings, transmédia… Une seule envie réunit les différents rédacteurs qui participent à Sémiosine le blog : comprendre un peu plus le monde dans lequel nous évoluons.
Bonne lecture !

Pour la petite histoire...



. Grazia, 11 octobre 2013 : "Attentat à la candeur", de Laureen Parslow.

. Sport&Style, supplément de L'Equipe n°21449, 6 avril 2013 : "Nom d'une griffe", de Claire Byache - article sur les noms made in France

. Le Soir, édition du 13 mars 2013 : "Le Harlem Shake, un carnaval anti-crise ?" de Julie Huon.

. Le Figaro, "Pourquoi le "Harlem Shake" est un phénomène viral", d'Emmanuelle Germain (12/03/2013).

. Sport&Style, supplément de L'Equipe n°21323 : dossier "Made in Swiss", de Claire Byache.

. Okapi n°949 : article "Les reprises, c'est tendance", d'Agathe Guilhem.

. France 3, juillet 2012, interview sur le time-lapse pour le 12/13.