Chez Sémiosine, nous concevons la sémiologie avant tout comme un prisme d’analyse pour décrypter les images et les récits qui nous entourent et structurent nos imaginaires socio-culturels.

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  1. Marie #

    Houla, beaucoup de phrases toutes faites.

    Si vous le permettez, laissez-moi vous nourrir objectivement :

    • « Les évocations réellement perçues par un grand nombre de tweetos … » Alors ça va vous paraitre incroyable mais twitter n’est pas le monde réel

    Une rapide et simple recherche sur internet vous permettrons de trouver plusieurs études quanti & quali sur les différents opinions du logo :
    https://www.visibrain.com/fr/blog/nouveau-logo-paris2024-qu-en-pensent-les-reseaux-sociaux/
    https://sport24.lefigaro.fr/jeux-olympiques/jo-2024/fil-infos/le-logo-des-jeux-a-seduit-les-francais-sondage-978774
    http://www.odoxa.fr/sondage/paris-2024-logo-moderne-beau-ne-represente-bien-ville-de-paris/

    • « les éléments d’une identité visuelle de salon de coiffure ;… » Je cite Virginie Phulpin, éditorialiste chez Europe 1“c’est le visage d’une femme donc c’est un logo de coiffure, si ce logo pouvait changer les mentalités j’applaudit tout de suite”
    https://www.europe1.fr/sport/edito-le-nouveau-logo-de-paris-2024-porte-les-valeurs-de-la-france-3926868

    Je vous invite aussi à lire le communiqué de presse de la ligue des droits internationales des femmes (créée par Simone de Beauvoir) qui titrait « Mr Estanguet, Soyez à la hauteur de votre logo ! »
    http://www.ldif.asso.fr/?theme=sport&n=962

    Beaucoup d’associations féministe et LGBT ont encouragé ce logo, quelques rares féministes virtuellement activistes ont détourné son message pour des profits commerciaux / ego (un livre à vendre, un passage à la tv)

    Mais il est vrai que sur C8, Cyril Hanouna, BFM et Valeurs Actuelles partagent votre opinion

    https://www.valeursactuelles.com/societe/sexisme-tinder-salon-destheticienne-le-bad-buzz-du-logo-des-jo-2024-112077

    • « Mais une chose est impossible à retrouver ici : la figure de Marianne pourtant revendiquée dans l’argumentaire justifiant le logo. » Je suis plutôt d’accord avec vous, j’ai du mal à voir Marianne, et puis je ne suis pas très à l’aise avec la conjugaison de ce symbole étatique avec les valeurs olympiques universelles. Je préfère nettement la vision d’une parisienne, qui comme le dit Amélie Nothomb est une légende, et sa coupe à la garçonne symbole d’émancipation, encore une fois je partage le point de vue de l’éditorialiste Virginie Phulpin.

    • « le rond doré en forme d’auréole + la coupe au carré + les cheveux blonds + la flamme… Jeanne d’Arc (au bûcher) » Je veux l’adresse de votre dealer tout de suite !

    De manière plus global, je trouve son emblème réussi non pas par son style, ses couleurs ou sa forme, tout cela est très subjectif, mais tout simplement parce que c’est un emblème féminin dans un milieu connoté masculin.

    Il suffit de voir l’image du sport dans le monde… ce sont principalement des hommes !
    https://www.google.com/search?q=sport+advertising&sxsrf=ALeKk01YiDUsnWNGibrlTQ6ezvOBe0VKEg:1606381743675&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=2ahUKEwjj-tGp7p_tAhWM5OAKHR_fBooQ_AUoAXoECAQQAw&biw=1357&bih=862

    Pour autant la participation féminine aux JO se rapproche de 50% (45%en 2016 à RIO), Il y aura peut-être plus de participation féminine à Paris 2024. Je crois que ce logo a la volonté de montrer une nouvelle réalité du sport autours d’une femme / flamme olympique qui n’est en fait qu’une nouvelle allégorie du sport, de la même manière qu’une femme représente de manière allégorique la justice, la liberté, la république, la victoire… et il n’y a rien de sexy en cela.

    J’ajoute que les logos féminins sont très rares, le seul logo qui me vient à l’esprit est celui de Starbucks (et c’est une sirène), d’ailleurs il est très intéressant d’observer l’évolution de ce logo qui au fil des années efface ses attributs féminins. Cette évolution fait écho à la société Starbucks créée par des hippy et racheter par des preppy.
    https://www.google.com/search?q=evolution+du+logo+starbuck&sxsrf=ALeKk00KR41d2ea9sSQK0jBkeqR-zKo15w:1606382251281&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=2ahUKEwjBydeb8J_tAhWy8uAKHSNoDe0Q_AUoAXoECAgQAw&biw=1357&bih=862#imgrc=4nS9eM4wXD3MAM

    Pour autant, il est vrai que dans le domaine cosmétique on voit énormément de logo aux visages femmes, alors quand on fait un logo féminin forcement on pense à un salon de coiffure, ce n’est pas normal, cela accentue l’objectification sexuelle qui voudrait que l’image de la femme n’apparaisse que dans des salons de coiffures, marques de shampoings, et autres maquillages. Ce logo entre en résilience contre cela, il vous dit oui je suis un visage féminin, non je ne suis pas un shampoing.

    On arrive ici à l’air du design conservateur, où les femmes ne doivent pas faire trop femmes et rester dans un univers féminin, et Paris devrait être encore et toujours symbolisé par une tour Eiffel…

    Le meilleur exemple de ce design conservateur est Marianne elle même, qui est passée d’une image révolutionnaire à une image conservatrice
    http://marianne-republicaine.over-blog.com/pages/L_Histoire_de_Marianne-842249.html

    Enfin on observe une nouvelle forme de féminité émancipée, vous vous êtes offusqués des lèvres parfaitement dessinées, sachez que les lèvres et le rouge à lèvres sont un symbole féministe très actuel et très puissant
    https://www.courrierinternational.com/article/feminisme-lheritage-feministe-du-rouge-levres

    Ce symbole est ouvertement féminin et féministe, et peut-être qu’il n’est pas du tout dans les « codes » de l’année 2019/20 mais il sera certainement très 2024, et j’imagine tout le courage qu’il a fallu au comité olympique qui savait pertinemment que ce logo ferait débat, je crois qu’il n’ont pas sous estimé la puissance du symbolique mais bien au contraire.
    Quand à betty boop je vous invite à prendre connaissance de la posture symbolique et feministe de ce personnage
    https://www.terrafemina.com/article/betty-boop-pourquoi-la-pin-up-du-cartoon-est-une-figure-feministe_a353062/1

    On a rarement autant parlé d’un logo que de celui de Paris 2024, ce logo est peut-être devenu un des logos les plus partagés dans le monde et dans les médias à sa révélation, et si vous considérez cela comme un échec alors je vous souhaite sincèrement de connaitre autant d’échec que celui-ci.

    Finalement, de ce visage, chacun peut y voir ce qu’il veut (femme, flamme, Marianne…) et c’est peut-être l’aspect le plus humain de ce visage.

    • Nicolas Jung #

      Bonjour,
      Merci pour cette nourriture très documentée et particulièrement objective.
      Bien à vous
      L’équipe de Sémiosine

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Faire le tri dans la profusion des images qui nous interpellent chaque jour et analyser celles qui nous semblent les plus signifiantes, telle est l’ambition de ce blog dédié à la sémiologie de l'image. On y parle publicité, marketing, storytelling, cinéma, séries, design, illustrations, typographie, packagings, transmédia… Une seule envie réunit les différents rédacteurs qui participent à Sémiosine le blog : comprendre un peu plus le monde dans lequel nous évoluons.
Bonne lecture !

Pour la petite histoire...



. Grazia, 11 octobre 2013 : "Attentat à la candeur", de Laureen Parslow.

. Sport&Style, supplément de L'Equipe n°21449, 6 avril 2013 : "Nom d'une griffe", de Claire Byache - article sur les noms made in France

. Le Soir, édition du 13 mars 2013 : "Le Harlem Shake, un carnaval anti-crise ?" de Julie Huon.

. Le Figaro, "Pourquoi le "Harlem Shake" est un phénomène viral", d'Emmanuelle Germain (12/03/2013).

. Sport&Style, supplément de L'Equipe n°21323 : dossier "Made in Swiss", de Claire Byache.

. Okapi n°949 : article "Les reprises, c'est tendance", d'Agathe Guilhem.

. France 3, juillet 2012, interview sur le time-lapse pour le 12/13.