The Breakfast Club, film pop

The Breakfast Club, film pop

The Hit Girls, sorti sur les écrans français il y a quelques mois, n’a qu’un intérêt : sa référence assumée à The Breakfast Club. Voici donc 10 raisons de voir ou revoir ce film culte de John Hughes qui, en véritable objet pop, hante aujourd’hui bon nombre de films et de séries télévisées dont le sujet touche le monde de l’adolescence.

1. Sorti en 1985, The Breakfast Club est considéré comme la quintessence du teen movie, au point de devenir une référence importante pour des oeuvres comme Dawson’s Creek, Futurama, Community, Cougar Town, Vampire Diaries ou encore le déjanté Detention de Joseph Kahn. Sans oublier, bien sûr, The Hit Girls (Pitch Perfect en VO).

2. Empire Magazine l’a classé, en 2008, 369e des 500 plus grands films de tous les temps.

3. The Breakfast Club propose une plongée dans les années 80, et notamment dans ce qu’on appelait The Brat Pack – littéralement « la bande des sales gosses », en référence au groupe de musiciens constitué autour de Franck Sinatra dans les années 1960 nommé Rat Pack. Ce nom a été donné à un groupe d’acteurs américains célèbres dans les années 80 pour leurs rôles dans des teen movies, parmi lesquels on retrouve le club des cinq : Emilio Estevez, qui joue Andrew Clark ; Anthony Michael Hall qui joue Brian Johnson ; Judd Nelson qui interprète John Bender ; Molly Ringwald qui joue Claire Standish ; Ally Sheedy qui interprète Allison Reynolds.

4. Grâce à eux, The Breakfast Club a réussi à ancrer dans les esprits la typologie des figures récurrentes qui composent tout lycée américain réel ou fictif : pour les adultes, le professeur autoritaire (éventuellement le proviseur) et le concierge complice ; pour les adolescents, l’athlète beau gosse, le cerveau timide et  sympa, le criminel en puissance, pas si mauvais garçon, la princesse reine du bal prête à chavirer dans les bras de la bête, la cinglée marginale et attendrissante. Séparés, ils se côtoient sans se connaître ni même vouloir se parler. Réunis, ils forment un tout parfait, le corps et l’esprit, la norme et la marge, la beauté en prime. Séparés, ils sont faibles. Ensemble, ils sont forts.

The Breakfast Club

5. C’est d’abord l’histoire d’un huis clos, agrémentée d’une jolie référence à la pièce de théâtre de Sartre : « L’enfer, c’est les autres ». Retenus en colle un samedi, ces lycéens qui ne se connaissent pas ont un premier contact pour le moins agressif. Sans parler du prof, franchement hostile et digne représentant de l’adulte contre qui l’adolescent doit symboliquement se rebeller.

6. Le lycée est présenté comme l’antichambre de ce que sera la vie sociale de ces jeunes : on y apprend la violence des rapports sociaux ; on y apprend la solidarité face à la violence des adultes ; on y apprend qui l’on est, contraint de réfléchir au sujet de la dissertation imposée : « Qui pensez-vous être ? »

7. Le lycée est surtout un lieu dangereux dans lequel le jeune est appelé à s’opposer à ce qui ressemble bien au Minotaure moderne : l’adulte. L’adulte apparaît en effet non comme un passeur mais comme un danger qui se sent lui-même menacé par le jeune et qui est prêt à l’écraser plutôt que le laisser prendre sa place.

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8. Le lycée est finalement ce lieu initiatique qui s’apparente au labyrinthe du mythe. Un lieu, dans lequel on se perd, dont on essaie de sortir et dont on ne trouve la sortie qu’au bout d’une quête complexe et douloureuse, la quête de soi. Mais un lieu dont on sort transformé, transformation nécessaire pour affronter les dangers futurs de la vie. Et finalement, un lieu symbolique dont l’universalité permet à tout un chacun de s’y (re)projeter.

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9. The Breakfast Club, c’est donc littéralement le petit déjeuner de la vie : on y fait ses armes, on apprend à se connaître, on partage ses rêves ; on s’y confronte à la réalité ; on s’adapte ou non aux règles sociales et à ce que la société attend de nous. On forme en creux la société de demain.

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10. J’oubliais : la BO, dominée par Don’t You (Forget About Me) de Simple Minds, a certainement joué un rôle important dans le succès du film.

Bref, si vous ne l’avez pas vu, profitez de l’été pour vous faire une séance de rattrapage. The Breakfast Club en vaut le détour.

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Sémiologue associé, rédacteur en chef de Sémiozine, cofondateur de Sémiosine.

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Faire le tri dans la profusion des images qui nous interpellent chaque jour et analyser celles qui nous semblent les plus signifiantes, telle est l’ambition de ce blog dédié à la sémiologie de l'image. On y parle publicité, marketing, storytelling, cinéma, séries, design, illustrations, typographie, packagings, transmédia… Une seule envie réunit les différents rédacteurs qui participent à Sémiosine le blog : comprendre un peu plus le monde dans lequel nous évoluons.
Bonne lecture !

Pour la petite histoire...



. Grazia, 11 octobre 2013 : "Attentat à la candeur", de Laureen Parslow.

. Sport&Style, supplément de L'Equipe n°21449, 6 avril 2013 : "Nom d'une griffe", de Claire Byache - article sur les noms made in France

. Le Soir, édition du 13 mars 2013 : "Le Harlem Shake, un carnaval anti-crise ?" de Julie Huon.

. Le Figaro, "Pourquoi le "Harlem Shake" est un phénomène viral", d'Emmanuelle Germain (12/03/2013).

. Sport&Style, supplément de L'Equipe n°21323 : dossier "Made in Swiss", de Claire Byache.

. Okapi n°949 : article "Les reprises, c'est tendance", d'Agathe Guilhem.

. France 3, juillet 2012, interview sur le time-lapse pour le 12/13.