Grindr, Tinder… rencontre et géolocalisation

Grindr, Tinder… rencontre et géolocalisation

De plus en plus populaires, les applications de rencontre utilisant la géolocalisation remettent au goût du jour la notion de proximité physique que les agences matrimoniales et les sites comme Meetic avaient un peu oubliée. 

Les applications de rencontre qui utilisent la géolocalisation n’ont jamais été aussi populaires. Grindr, Tinder ou encore Hornet vous permettent de discuter en un instant avec des personnes susceptibles de vous intéresser pour un rendez-vous. Cette nouvelle forme de digitalisation de la rencontre amoureuse engendre plusieurs changements pour les utilisateurs.

Grindr vs Tinder

Le fait de se géolocaliser pour avoir un aperçu des utilisateurs inscrit une notion de proximité jusqu’alors effacée dans la rencontre amoureuse sur le net. C’est ici qu’opère le premier changement majeur des rencontres facilitées par le digital. Pendant longtemps, ce service permettait aux internautes de contacter des gens qu’ils n’auraient pas rencontrés en temps normal parce que trop éloignés d’eux et donc géographiquement inaccessibles. Avec ce nouveau dispositif, il est maintenant possible de chercher des célibataires dans un cercle géographique proche.

Nous passons donc du service qui permet de chercher plus loin à celui qui permet de voir plus près. Habituellement, rencontrer des célibataires susceptibles de nous plaire dans la vie quotidienne a lieu au travail, en sortie, avec des amis, en somme exactement dans les mêmes lieux que ceux investis par l’application. Cette fonction modifie donc le rapport à l’espace dans lequel les personnes connectées évoluent.

 

La rencontre est désormais possible partout, mais également tout le temps. Une vibration, et soudain la personne interrompt son activité pour vérifier ses messages. Dans le cas de Tinder, cette application censée accélérer le contact confronte en réalité l’utilisateur à une multitude de choix. Les techniques de drague habituelles paraissent désormais obsolètes et la rencontre rapide est à portée de doigt. Les visages des prétendants sont alignés comme des produits sur un étal, l’utilisateur peut choisir parmi les différents profils, scrollant à l’infini pour trouver la perle rare. Comme l’explique le psychologue Barry Schwartz dans The paradox of Choice, plus un individu a d’alternatives, moins il sera à même de choisir avec conviction. Une photo qui ne plaît pas, un accent oublié ou un smiley inapproprié sont autant d’éléments qui peuvent couper toute communication instantanément. La rencontre est devenue plus rapide et le rejet également.

L’opportunité de communiquer avec un prétendant potentiel est aujourd’hui omniprésente et ouverte à tous. Chaque communauté a ainsi son application de rencontre dédiée (Grindr pour les gays, Tinder pour les hétéros…). Mais ce fleurissement d’applications a donné naissance à un contre-courant : des vidéos comme Look Up ou encore What’s on your mind prônent un retour à un hédonisme authentique en s’éloignant du digital et de ses nouveaux services censés nous rendre plus heureux. Le nombre de vues pour ces vidéos nous montre bien que même si aujourd’hui la mise en contact est facilitée, la spontanéité de la rencontre fait toujours rêver.

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Passionné par le décryptage des tendances, c’est à Londres que j’ai commencé à poser un regard sémio sur le monde qui m’entourait, choc culturel oblige. Pourquoi cette couleur, pourquoi ce logo, pourquoi cette pub ? Ce qui peut ressembler à un tourbillon de questions est pour moi une arme formidable pour appréhender un monde où les signes et le(s) sens foisonnent. Ma plus grande joie du moment ? Les 90’s sont (déjà) de retour.

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Faire le tri dans la profusion des images qui nous interpellent chaque jour et analyser celles qui nous semblent les plus signifiantes, telle est l’ambition de ce blog dédié à la sémiologie de l'image. On y parle publicité, marketing, storytelling, cinéma, séries, design, illustrations, typographie, packagings, transmédia… Une seule envie réunit les différents rédacteurs qui participent à Sémiosine le blog : comprendre un peu plus le monde dans lequel nous évoluons.
Bonne lecture !

Pour la petite histoire...



. Grazia, 11 octobre 2013 : "Attentat à la candeur", de Laureen Parslow.

. Sport&Style, supplément de L'Equipe n°21449, 6 avril 2013 : "Nom d'une griffe", de Claire Byache - article sur les noms made in France

. Le Soir, édition du 13 mars 2013 : "Le Harlem Shake, un carnaval anti-crise ?" de Julie Huon.

. Le Figaro, "Pourquoi le "Harlem Shake" est un phénomène viral", d'Emmanuelle Germain (12/03/2013).

. Sport&Style, supplément de L'Equipe n°21323 : dossier "Made in Swiss", de Claire Byache.

. Okapi n°949 : article "Les reprises, c'est tendance", d'Agathe Guilhem.

. France 3, juillet 2012, interview sur le time-lapse pour le 12/13.